visuel

Le Temps des Manifestes

Exposition du 28 juin au 03 octobre 2010

Commissariat : Fabienne Fulchéri, assistée d’Alexandra Deslys

Dossier de presse à télécharger

Document d'aide à la visite à télécharger

Le Temps des Manifestes porte un regard historique et contemporain sur cette forme littéraire si prisée par les avantgardes artistiques. A travers la présentation de certains des manifestes les plus représentatifs, cette exposition explore les relations ambigües qui lient l’art et la communication, notamment par le biais du graphisme, avec une question sous-jacente essentielle : comment les artistes se manifestent-ils aujourd’hui ?

Apparue à la fin du XVIème siècle, l’origine du terme “manifeste” est un dérivé probable de l’italien “manifesto” qui signifiait “dénonciation publique” et par extension “affiche”. Les avant-gardes du début du XXème siècle se sont saisies de cette forme littéraire pour définir leur engagement, fonder les bases de leur programme esthétique et donner leur vision du monde. Le Futurisme, le Surréalisme et même Dada en publiant son “anti-manifeste” n’ont pas dérogé à la règle. L’Art Concret fondé en 1930, et qui fête cette année ses 80 ans, s’inscrit dans cette lignée tout en affirmant avec radicalité sa singularité.

Parmi les pionniers du genre, le Manifeste Futuriste rédigé par l’artiste et écrivain italien Marinetti parait en 1909 dans les colonnes du quotidien français Le Figaro, révélant d’emblée les liens ténus entre l’art et la presse et la volonté des artistes d’alors, d’ouvrir une tribune publique.

Univers littéraire et plastique finissent, à force de se côtoyer, par fusionner en empruntant à leur territoire respectif ce qui peut le mieux les enrichir tant au niveau de la forme que du contenu. Cette tendance est fortement induite par la personnalité des protagonistes de l’époque qui pour la plupart d’entre eux endossent la double fonction d’artiste et de graphiste ou typographe comme par exemple Théo van Doesburg, Max Bill, Josef Albers, Carlo Vivarelli et Gottfried Honegger.

Les manifestes prennent alors de multiples formes. Revues, tracts et affiches se font alors le véhicule de la pensée de leurs auteurs, et deviennent parfois des oeuvres à part entière : l’application formelle d’un programme esthétique qui souhaite justement dépasser le cadre souvent trop exigu de la définition traditionnelle d’une oeuvre d’art. L’Histoire et la rareté ont souvent définitivement modifié le statut d’origine de ces documents qui seront présents dans l’exposition et mis en regard avec des peintures produites à cette époque afin de mesurer des écarts ou effectuer des rapprochements inédits.

Les années 60 et 70 voient les derniers feux des manifestes historiques et même si le genre n’a jamais tout à fait disparu, ceux qui s’affirment en tant que tel demeurent rares et souvent de faible portée.

Cependant, qu’ils prennent la parole et interpellent le visiteur en intégrant le texte à leur vocabulaire plastique comme Barbara Kruger, Jenny Holzer ou Ben, qu’ils se saisissent de la parole publique comme Philippe Cazal, ou qu’ils jouent avec les codes de la communication pour mieux les détourner ou révéler ses dysfonctionnements comme General Idea et Ultralab , les créateurs n’ont pas cessé pour autant de se manifester. Souvent moins péremptoire, l’approche demeure critique à l’image du travail de Detanico & Lain ou assurément plus sensible comme avec Rémy Zaugg.

Quoi qu’il en soit, le temps des manifestes semble à jamais révolu, le temps du “Nous” collectif ayant majoritairement laissé place à un “Je” individualisé.

Un catalogue sous forme de revue sera édité à cette occasion.
Par ailleurs, quatre des artistes participant à cette exposition sont invités à réaliser l’affiche du “Temps des Manifestes”, mettant en lumière les enjeux de la manifestation et complexifiant le statut de “cet objet” à la fois outil de communication et oeuvre produite pour le projet.


Commissaire
Fabienne Fulchéri est directrice de l’Espace de l’Art Concret. Elle est critique d’art et a été commissaire adjointe du Printemps de Septembre à Toulouse, chargée de la programmation de la Sala Montcada, Fondation La Caixa à Barcelone, elle a conduit plusieurs projets pour le Pavillon, Laboratoire de création du Palais de Tokyo et a été responsable de la Programmation Satellite du Jeu de Paume, à Paris. Elle a, en outre, conçu et organisé diverses expositions, comme Pleins phares – Art contemporain & Automobile, à la Cité de l’Automobile, Musée national, Collection Schlumpf, à Mulhouse, ou, plus récemment, La Confusion des Sens pour l’Espace culturel Louis Vuitton à Paris.

Imprimer print