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Quand la ville devient une oeuvre humaine

Exposition du 28 juin au 17 octobre 2010

Commissariat : Gottfried Honegger, assisté d’Alexandra Deslys

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Persuadé de l'importance de l'art dans la vie mais aussi du rôle que l'oeuvre peut jouer dans l'architecture et l'urbanisme de plus en plus réduit à un anonymat, l'implication de Gottfried Honegger dans la commande publique est devenue pour lui une position sociale et éthique. L'art est un moyen de reconquête esthétique du milieu urbain, un signe et une marque d'identité nécessaire pour l'homme.

«Je cherchais à me pénétrer de la fonction de chacune de mes oeuvres.J’observais les principes énoncés par l’architecte viennois Adolf Loos : ‘’La forme extérieure doit être le reflet de la fonction intrinsèque.’’Je pense que l’art contribue à donner une identité à un lieu public, et même à toute une ville. »

Depuis 1953, date de sa première commande publique pour la ville de Zurich, jusqu'à nos jours avec une réalisation pour une autoroute autrichienne à Hohenems en 2005, Gottfried Honegger n'a cessé de dialoguer avec l'espace public. Pour lui la présence de l’art hors du musée est essentielle, expliquant ainsi la persistance de son engagement tout au long de sa carrière dans ces enjeux de la commande publique. A la différence de l’oeuvre muséale, perçue dans une temporalité extrêmement réduite par le public, l’oeuvre issue de commande fait partie intégrante de notre quotidien et fournit la “nécessaire beauté” dont l’homme à besoin. Cet art à la portée de tous nous offre des échappatoires face au parasitage visuel urbain du monde publicitaire que Gottfried Honegger dénonce tant.

L’artiste zurichois oeuvre pour différentes typologies d’interventions : vitraux d’églises, stations de métro, de gare, ou encore aménagements de carrefours routiers ou de squares. En s’insérant dans l’espace existant, il crée au jeu de la contrainte et du cahier des charges. L’exercice peut alors prendre des années depuis le projet jusqu’à la livraison. Une fois l’oeuvre installée dans son site, elle acquiert sa propre destinée face à son public. Avec le temps elle nous devient familière et indissociable du site pour lequelle elle a été conçue.

En France, ses commandes publiques relèvent de l’initiative de l’état mais aussi de celles de municipalités (notamment à Mouans-Sartoux où l’on compte plusieurs interventions) pour la plupart des dons disséminées à travers la ville et dans le parc du Château de Mouans-Sartoux.

L’exposition présentera une trentaine de photographies de ses réalisations, elles-mêmes documentées par des dessins préparatoires, maquettes et documents d’archives.


Commissaire
Gottfried Honegger naît en Suisse, dans la région des Grisons, en 1917. Il commence une carrière de graphiste publicitaire puis, au retour d’un voyage à New York, en 1958-1960, décide de se consacrer pleinement à la peinture qu’il pratiquait déjà. Il est très influencé par les préceptes de l’art concret suisse, dont il deviendra l’un des principaux représentants internationaux. Il crée des tableaux-reliefs puis devient sculpteur autant que peintre. Il travaille sur le principe des variations à partir d’un seul et même thème : “volume”, “structure”, “stèles”… Bientôt, l’ordinateur lui permet de déterminer des compositions aléatoires (calcul des combinaisons possibles). Tout en conservant l’influence de l’art concret zurichois de Max Bill et de Richard Paul Lohse, Honegger a recours à une programmation mathématique verticale, déterminée. A partir de 1968, il réalise de nombreuses oeuvres monumentales, et les dépose dans l’espace public. Ainsi, en Bourgogne, à l’initiative de Serge Lemoine, il crée Volume 19 pour un collège du Banlay, à Nevers, en 1974 ; Hommage à Jacques Monod sur le campus de Dijon, en 1975 ; Structure 36 pour le lycée professionnel des Rompois à Blanzy, en Saône-et-Loire, en 1979 ; Monoforme 4 pour le collège Stéphane Mallarmé à Sens, en 1982… Artiste engagé, habité par la notion de responsabilité sociale de l’art, il est également collectionneur avec sa compagne, Sybil Albers. C’est aussi avec elle qu’il crée l’Espace de l’Art Concret, en 1990, à Mouans-Sartoux. Comment célébrer les 20 ans de ce lieu sans rendre hommage à l’oeuvre de celui qui en fut ainsi l’initiateur ?

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