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Art Populaire - quel avenir ?

21/06/2009 - 04/10/2009

Commissariat : Gottfried Honegger

La culture du peuple de l’Omo, menacée par la mondialisation, fournit un nouveau témoignage malheureux de la disparition de l’art populaire dans le monde.



L’exposition que nous organisons est l’histoire d’une rencontre singulière entre un artiste concret suisse de 92 ans Gottfried Honegger, et un peuple africain vivant dans la vallée du fleuve Omo, par le truchement d’un photographe Hans Silvester. Cette rencontre inattendue est l’occasion, pour Gottfried Honegger, d’une réflexion – exprimée dans ses textes – sur l’avenir de l’art populaire.
Au moment où le monde globalisé standardise les cultures, le rôle de l’artiste qui veut réaffirmer sa présence au monde n’est-il pas d’être le porte-voix de ces cultures populaires qui tendent à disparaître ? De se faire archiviste et médiateur de ces expressions créatives alternatives, broyées par le rouleau compresseur de la globalisation artistique ? De prêter sa voix à ceux qui ne peuvent se faire entendre, de collecter les traces des oubliés d’une histoire écrite par, et pour, ceux qui dominent ?
L’inscription dans un lieu d’art de documents qui pourraient relever de l’anthropologie, favorise un nouveau regard et en renouvelle ainsi la signification.

Après avoir voyagé à travers le monde, Hans Silvester tourne son objectif de photographe vers une Afrique originelle, berceau de l’humanité. De sa rencontre avec les tribus de l’Omo, zone quasiment inviolée où des hommes et des femmes d’aujourd’hui perpétuent des modes de vie ancestraux, il ramène une galerie de portraits qui sont un plaisir de l’oeil autant qu’une rencontre avec l’inconnu. Batailles, retours de chasse, jeux d’enfants, parades, toutes ces scènes du quotidien sont autant d’instants qui saisissent les hommes dans leurs nombreux rituels. Les lèvres étirées par des grands plateaux d’argile, les lobes allongés, les corps peints, marqués, scarifiés, sont l’expression d’une société traditionnelle et vulnérable qui côtoie aussi la violence des armes.
Aux confins de l’Ethiopie, à trois jours de piste d’Addis-Abeba, à plus de mille kilomètres de Khartoum et loin de la modernité, Hans Silvester a photographié pendant six ans des tribus où hommes, femmes, enfants, vieillards sont de véritables génies de l’art contemporain. Leur corps est leur toile et leurs doigts des pinceaux. Voyage chez les peuples de l’Omo.

Hans Silvester fait ses premières photos à l’âge de 12 ans. Diplômé de l’école de Fribourg en 1955, il voyage à travers l’Europe et commence à publier avec un livre pour enfants sur la vie d’une famille d’écureuils : déjà se manifestent cet amour de la nature et des animaux et ce souci de l’écologie qui ne le quitteront plus. Le défenseur de la nature publie ensuite un livre remarqué sur la Camargue avec un texte de Jean Giono. Suit une longue série de reportages dans le monde entier, chaque voyage donnant lieu à un livre ou à une publication. Entre temps, il photographie les chevaux de Camargue durant cinq ans, travail qui aboutit à la publication d’un livre récompensé à la Foire du Livre de Leipzig. À partir des années 80, ses reportages sont marqués par son engagement écologiste. Par la suite, il fera également plusieurs voyages au Rajasthan pour en ramener un magnifique témoignage sur la vie des femmes du désert indien. (Texte extrait de l’ouvrage : Les peuples de l’Omo - Hans Silvester - Editions La Martinière)

L’exposition proposera une sélection de 52 photographies grands formats de Hans Silvester.
La dernière salle de la galerie du château consacrée à l’ornement présentera des lithographies de Sonia Delaunay et quelques peintures d’enfants issues de l’action menée aux ateliers pédagogiques.


Cycle de conférences  “couleur, corps, parure”



Au mois de juillet, l’Espace de l’Art Concret vous donne rendez-vous pour un cycle de conférences “couleur, corps, parure”. Les thématiques du cycle prolongeront la réflexion, ouverte par l’exposition, sur la construction des identités corporelles, en fournissant au public différents repères, ethnologiques, sociologiques, historiques, philosophiques et esthétiques.



Jeudi 25 juin

/ Jean-Luc Verna


Dessin, photographie, performance, musique, vidéo : les diverses pratiques artistiques de Jean-Luc Verna sont autant de terrains d’expression qui forment un ensemble cohérent et s’organisent autour du corps, celui de l’artiste ou ceux de personnages hybrides mêlant les mythologies classiques, l’iconographie religieuse au style populaire résolument contemporain. Jean-Luc Verna est artiste et enseignant à l’Ecole nationale d’art de la Villa Arson à Nice.


Jeudi 09 juillet /

Jean-Marie Triat


Ses recherches, en tant que professeur honoraire de géologie à l’Université, ont mis à jour les origines de l’ocre. Messagère artistique et magique dès la préhistoire, utilisée à des fins rituelles, avant d’être la base même de chefs d’oeuvres rupestres, l’ocre fait partie de la grande aventure de la couleur qui accompagne l’histoire de l’homme. Professeur honoraire de l'Université d'Aix-Marseille.


Jeudi 30 juillet /

Anne Varichon


Lors de sa conférence, elle abordera, à travers des exemples choisis dans l’histoire et issus de diverses aires géographiques, les multiples utilisations des ingrédients de la couleur sur le corps – curatives, esthétiques, odorantes – et leurs portées symboliques et salutaire. Anne Varichon est diplômée en archéologie et ethnologie. Commissaire d'exposition, elle a collaboré avec de nombreux musées et est l'auteur de plusieurs ouvrages consacrés à l'art ou l'ethnologie, notamment Le Corps des peuples, Us et coutumes de la propreté et de la séduction (Seuil, 2003).


Jeudi 06 août /

Jean-Baptiste Eczet


Dans sa conférence il expliquera comment les Mursi, l’un des peuples de la vallée de l’Omo, utilisent la peau comme surface d'inscription. Les peintures corporelles, les parures et les scarifications sont aussi des moyens d’expression de leur statut social, des sortes de codes visuels. À travers une ligne ou un dessin, ce sont parfois toute une métaphysique et une cosmogonie qui s'expriment. Jean-Baptiste Eczet est ethnologue, il réalise son travail de doctorant chez les Mursi, peuple semi-nomade du sud de l’Éthiopie, vivant à la périphérie ouest du Parc national de Mago, en bordure de la rivière Omo.

Rendez-vous pédagogiques ouverts à tout public.

Horaires : de 19h00 à 20h30, rendez-vous à l’accueil du château
Prix : 5 euros l’une – 15 euros les quatre / Gratuit pour les enfants (-12 ans) et les Mouansois / demi-tarif 12 -18 ans

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