visuel

laurent saksik

23/03/2003 - 04/05/2003

Commissariat : Dominique Boudou et Arnauld Pierre, Critique d’art, Maître de conférence en Histoire de l’Art à Paris IV

Depuis plus de dix ans, le travail de Laurent Saksik se manifeste par un ensemble de dispositifs destinés à saisir, puis à révéler au spectateur le continuum spatio-lumineux dans lequel il est constamment immergé. « Insaisissable », la couleur n’est ni fixe ni stable mais modulée par la lumière et les variations atmosphériques.

 

Poursuivant une logique de peintre et non de sculpteur, Laurent Saksik expérimente la couleur comme un rayonnement qui, échappant ainsi à sa stricte formulation pigmentaire, entre dans le flux mouvant des phénomènes. La peinture devient alors une surface de projection –et non plus d’émanation- du visible.

Les installations de Laurent Saksik font intervenir aussi bien le temps (Tirants) que l’espace (Air ou Tunnels) et renouvellent la définition même de la peinture qui devient « un dispositif en volume [faisant] émerger un plan ».

Héritier des spéculations classiques sur la camera obscura et de la rigueur de l’art minimal, Laurent Saksik conduit une des réflexions les plus originales du moment sur la question de la perception et de la place du spectateur. Ses œuvres ne peuvent en effet se soustraire à une réalité en train d’advenir au moment où elles sont vues. Invité à se déplacer autour des œuvres, le spectateur en modifie à chaque instant les paramètres.

 

L’exposition rassemble dix œuvres qui permettent d’aborder les différentes phases de ses recherches, de Tirant (1998) à Série B, Le Transitoire (2003) en passant par Rayon vert (2002) et Série B, Le Fugitif (2003). En jouant de mises en place permettant d’échapper à l’objet toile, Laurent Saksik interroge ainsi différents points de vue : physique, poétique, philosophique.

 

Peindre le temps, transcender la couleur, confronter son infinitude avec une picturalité concrète, sont quelques-uns des multiples enjeux de l’œuvre de Laurent Saksik.

 

A l’occasion de cette exposition, l’Espace de l’Art Concret produit trois nouvelles œuvres vidéos de l’artiste : « Série B, Le fugitif », « Série B, Le contingent » et « Série B, Le transitoire », dont les titres et les dispositifs, tout en se référant au cinéma, renvoient à Baudelaire dans ses définitions du présent, ainsi qu’à Benjamin dans son questionnement sur l’aura de la peinture.

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