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Yona Friedman, des Utopies réalisées

24/01 au 06/06/2010

Commissariat : Caroline Cros

Dossier presse à télécharger

lien site Yona Friedman, cliquez ici

Dans le cadre de sa saison 2010, qui célèbre ses vingt ans d’activités, l’EAC s’associe avec le Centre national des arts plastiques pour présenter l’intégralité des maquettes d’études (une soixantaine) et des dessins (manuels, projets d’affiches et esquisses) de l’architecte Yona Friedman. Ces maquettes, acquises en 2007 par le Centre national des arts plastiques pour le compte de l’État, sont inscrites sur les inventaires du fonds national d’art contemporain dont il assure la garde, la gestion et la diffusion en France et à l’étranger. L’ensemble de ces maquettes a été publié en 2006 par la revue Domus en Italie, accompagné d’un texte de l’artiste qui explique la continuité qu’il voit entre ces maquettes et la “ville spatiale” qui l’a fait connaître internationalement dans les années 1950.

Cette collection de maquettes a été commencée par Yona Friedman dès 1945 avec les Space Chains et s’est particulièrement développée dans les années 1980 autour de la notion de “structures irrégulières” avec des sousensembles, qui vont des “merzstructures » aux “feuilles froissées” et aux “gribouillis”. Selon leur auteur, ces formes libres constituent à la fois une continuité dans son travail et une étape charnière qui pourrait rapprocher l’art et l’architecture en un langage commun : “les structures irrégulières pourraient être un jalon pour que l’architecture devienne un des beaux-arts. Pas de la sculpture, ni des expressions abstraites et concrètes mais un langage pratique et plaisant comme l’est l’art culinaire par exemple”.

Ces “structures irrégulières” seront présentées à l’intérieur d’un dispositif spatial dessiné par Yona Friedman. Ce dispositif reprend le principe de la trame tridimensionnelle de la “ville spatiale” composée de couches superposées, avec des espaces habités. Le choix du plexiglas s’inscrit dans le souci de transmission, central dans l’oeuvre et la pensée de Friedman.

Ce dispositif est aussi celui du musée de rue, autrement dit le musée sans portes, un projet que l’artiste a réalisé en Italie à Côme en 2008, et présenté dans le parc de l’Ile de Vassivière. L’idée du musée de rue traverse, en filigrane, toute la pensée utopique de Friedman, qui considère que les manuels, les ouvrages, les nombreux articles dans Domus et les dessins animés sont autant de stratégies pour permettre une transmission permanente de ses idées et encourager des prises de conscience par les usagers. Ces gestes architecturaux, fondés sur l’aléatoire, le hasard, le recyclage des matériaux pauvres et surtout la volonté de proposer des pistes architecturales libres, dégagées de toutes contraintes, s’adressent davantage à tout un chacun plutôt qu’à la collectivité comme ce fut le cas avec la “ville spatiale”.
A l’image de la nature et de l’homme, ces formes architecturales se veulent erratiques et imprévisibles et réalisables par des “non-professionnels”.

En amont et en aval de ce dispositif spatial que l’artiste nomme tantôt “musée d’architecture”, tantôt “zoo d’architecture”, seront présentés des manifestes historiques comme les 10 principes de l’architecture mobile, les premiers photomontages de la “ville spatiale” à Paris (les halles, l’Unesco, la gare Saint-Lazare), les premiers films animés africains, et les décors de son premier appartement rue Pasteur.

Pour la première fois, une reconstitution bi-dimensionnelle à partir d’une couverture photographique panoramique à la chambre numérique de son actuel appartement, boulevard Garibaldi, sera présentée dans la rotonde du château à la fin du parcours. Ce décor, avec ses collages et ses nombreux objets accumulés depuis quarante ans, est unique et fascinant. Il est l’exact reflet de la pensée et de la personnalité inclassable de Friedman, qui continue toujours de l’enrichir au gré de ses trouvailles, lors de voyages ou tout simplement en recyclant les courriers qu’il reçoit, les emballages alimentaires ou pharmaceutiques qu’il collecte en permanence.

Enfin, deux projets d’extérieurs, aux abords du château de l’EAC, seront réalisés et activés par le public durant l’exposition : une maison mobile à l’échelle un, produite en collaboration avec la galerie Kamel Mennour, et un “musée des graffitis sans portes”, situé dans le bois de l’Espace de l’art concret.

Ces deux projets extérieurs sont interactifs et démontrent que la concrétisation des utopies quotidiennes définies par Friedman sont réalisables. De ce fait, ils ont une valeur essentielle. Ils offriront, à chacun, la possibilité d’une participation active : d’une part, par le déplacement des fonctionnalités de la maison, la cuisine peut prendre la place de la salle de bains et vice-versa, d’autre part, les films transparents disposés entre les troncs des arbres du bois, sont comme des “murs blancs” sur lesquelles les visiteurs pourront dessiner en toute liberté. Friedman donnera le ton en entamant le processus juste avant l’ouverture de l’exposition.

Commissaire
Caroline Cros, conservateur du patrimoine, inspecteur de la création artistique, est en charge à la Délégation aux arts plastiques des centres d’art, après avoir assuré le suivi de la commande publique. Elle a publié plusieurs ouvrages sur la sculpture moderne et contemporaine, sur la commande publique ainsi qu’une biographie critique sur Marcel Duchamp, éditée par Reaktion Books, à Londres. Elle a été à l’origine de l’acquisition du Fonds Friedman par le Fnac, qu’elle a présenté, en tant qu’inspecteur, devant les membres de la commission d’achats en janvier 2007.

Les Prêteurs
Centre national des arts plastiques qui assure la garde et la gestion, pour le compte de l'État, du fonds national d'art
contemporain.
Musée d'Art Moderne de la Ville de Paris,
Centre Pompidou, Musée national d'art moderne-Centre de création industrielle (Paris),
Nouveau Musée National (Monaco),
Galerie Kamel Mennour (Paris),
ainsi que des collections privées.

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