visuel

Marcelle Cahn, l'artiste engagée

24/01 au 30/05/2010

Commissariat : Gottfried Honegger, assisté d'Alexandra Deslys

Dossier presse à télécharger

Document Aide à la Visite à télécharger

Née à Strasbourg en 1895, sa formation suit l’évolution de la peinture d’alors : elle étudie à Berlin avec un maître expressionniste, Lovis Corinth, puis à Paris chez les Nabis (Maurice Denis, Vuillard), et rejoint les cours de l'Académie moderne dans l'atelier de Fernand Léger et d'Amédée Ozenfant. C’est à ce moment là qu’elle franchit le pas de l’abstraction, en proposant un style personnel alliant rigueur géométrique et sensibilité. En 1929, elle devient membre du groupe Cercle et Carré, formé par Michel Seuphor et Joaquín Torres-Garcìa, qui prône alors l'abstraction et la géométrie en opposition aux irrationalités du surréalisme. Elle se lie avec Jean Arp, y rencontre Mondrian et participe à ce foisonnement artistique parisien. Après une période d’isolement due à la guerre, elle participe régulièrement au Salon des réalités nouvelles, où elle montre ses compositions abstraites. C’est à cette période qu’elle définit le style qui la caractérise : peintures à fond blanc parcourues d’un jeu de lignes ou de formes en relief, c’est aussi à ce moment qu’elle réalise ses étonnants collages créés à partir de supports du quotidien (enveloppes, étiquettes, photographies, cartes postales, gommettes…).

Au début des années 1960 elle réalise ses premiers "spatiaux", sculptures faites de plans articulés dans l'espace. Jusque dans les dernières années, elle travaillera sans répit à son oeuvre, expérimentant toujours dans la solitude de sa chambre-atelier.
Ce travail dont le panorama met en avant la cohérence et la justesse est malheureusement resté confidentiel. Cela peut s’expliquer en partie par la personnalité même de l'artiste, qui manifestait un profond désir de détachement du monde, ne semblant accepter que la reconnaissance de ses pairs.Marcelle Cahn a ainsi consacré sa vie à son oeuvre, allant jusqu’à renoncer à sa vie privée et intime. Elle renonce également à ses origines bourgeoises, et vit de manière modeste et solitaire, en marge. Quelques amis fidèles la soutiennent, ce sont des artistes ou des conservateurs. Michel Seuphor, Gottfried Honegger, Maurice Allemand, Daniel Abadie et Serge Lemoine notamment suscitent de nombreuses initiatives pour faire connaître et diffuser son oeuvre.

L’exposition à Mouans-Sartoux, présentera l’ensemble du fonds Marcelle Cahn de la donation Albers-Honegger, une vingtaine d’oeuvres datées entre 1921 et 1977, témoignant à la fois de la rigueur et de la diversité de la démarche de Marcelle Cahn, et témoignant aussi de l’attachement d’un homme, d’un artiste à une autre artiste : celui de Gottfried Honegger. Au-delà des oeuvres, c’est un portait de l’artiste qui est proposé, grâce à des témoignages, des documents d’archives, notamment ceux appartenant à sa galeriste Denise René, ainsi que un l’unique film sur l‘artiste réalisé en 1976 par Pierre Gisling.

Exposition conçue avec la complicité du Cercle des Amis de Marcelle Cahn, Strasbourg

Imprimer print