visuel

THE VELVET THUD

Du 20 mai au 28 octobre 2012

Commissariat : Fabienne Fulchéri, assistée de Claire Spada

Artiste : Jérôme Poret
Dossier de presse à télécharger ici

L'installation "The Velvet Thud" est un dispositif spécifique qui prend la totalité de la première salle de la donation Albers-Honegger. Le projet consiste à créer une immersion totale dans les codes muséographiques de cette architecture dédiée à l’art concret et de certains des préceptes qui l’activent. La fenêtre obstruée et la structure du cadre produisent une sorte d’oeuvre hardedge. Les murs sont traités dans une peinture très matiériste aux reflets soutenus comme une interprétation Straight edge de l’espace.

La peinture produit des reflets qui irisent les murs devenus des immenses «wallpaintings» sous le regard des spectateurs qui déambulent dans la pièce. La lumière très vite diaphane n’éclaire pas réellement l’espace mais l’habite.

Le public est amené à traverser cette «scène» pour découvrir les deux autres espaces d’à côté. Une fois au bout, il doit faire demi-tour à la fin de leur visite et repasser par celle ci. Effet de seuil et espace liminaire sont étroitement liés, écran de lumière et hantise de l’espace de même.

Le travail de Jérôme Poret s’inscrit essentiellement dans une pratique sonore qui se développe au travers d’autres médiums comme le walldrawing, l’installation, l’écriture ou encore le live, interrogeant les mécanismes d’interprétation du réel et de son événement. En prise directe avec l’émerveillement qu’il éprouve face aux procédés de diffusion et de fixation du son, il définit ce matériau de «physique, réel, brut» comportant intrinsèquement une «charge sociale, historique, culturel», charge qu’à travers la modification, la distorsion de l’échantillon enregistré il annihile afin d’en évacuer le coté anecdotique ou mémoriel.

A travers ses installations, Jérôme Poret communique une approche du son éminemment physique. La perception des phénomènes sonores se révèle visuellement en s’affranchissant de la dimension auditive. Interrogeant les mécanismes d’interprétation du réel et de son événement, il appréhende l’architecture comme une structure amplificatrice et émettrice d’un environnement social et artistique donné.

« Aujourd’hui, un artiste comme Jérôme Poret met en avant pour appréhender son travail, sa formation artistique académique, celle suivie en classe électroacoustique, et enfin la musique rock, post-punk et industrielle. Ainsi, il analyse la musique du groupe industriel allemand Einstürzende Neubauten comme une exploration du maniérisme sonore, voit dans le saut dans le vide d’Yves Klein la préfiguration des stagediving des concerts hardcore, et conçoit finalement la salle de concert comme un lieu d’énergie essentielle. Dès lors, les espaces qu’il investit de sons aléatoirement produits (bring them home now, 2004) sont infiltrés de bruits minimaux et parfois imperceptibles qui doivent beaucoup à cette expérience de l’écoute et de la réception audio dans la tension (haute) de l’atmosphère des concerts post-punks qui, telle une épreuve du feu, propulse en aval invention d’espaces et de volumes. » Planètes Sonores, radiophonie, arts et cinéma, éditions monografik, 2007. Alexandre Castant

interview, orchestrée par Alexandre Castant

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