19 septembre • 25 octobre
VERNISSAGE samedi 19 septembre à 11h
Commissariat : Fabienne Grasser-Fulchéri, directrice de l'eac.
En partenariat avec la
Villa Arson, Nice
Syndicat mixte des stations de Gréolieres - L’Audibergue
Communauté d'Agglomération du Pays de Grasse
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partenariats média
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« Si les caryatides voûtées sous les balcons, lasses de soutenir, décidaient de sortir de leur destin figé, si sous leur coquille minérale condamnée à la paralysie éternelle se cachait un squelette couvert de muscles qui prenait vie sur les façades, propulsant dans leurs artères de calcaire un sang bouillonnant dont les pulsations lentes allaient au rythme d’un cœur d’airain, apportant chaleur et mouvement à leurs corps inertes, alors, comme ultime acte de révolte, elles pourraient s’abandonner à une danse des décombres, laissant s’écrouler des villes entières, faisant rouler sous leurs pas les ruines de l’ancien monde. »
On peut se promener à travers les palais de sa mémoire, pour mieux comprendre ce qui est à l'œuvre : des milliers d'images circonscrites dans autaut de lieux, s'imbriquent en expansion symbiotique et structurent la pensée. On érige alors de véritables palais mentaux où l'on rejoue des scènes métaphysiques. Si ces scènes traversent les époques et les individus, les palais, eux, sont propres à chacun. C'est notre manière d'appartenir au monde qui influence sa forme, sa materialité, son architecture. Les architectures autoroutières font partie des éléments qui influencent Mon palais mental. Et plus précisement lorsqu'elles sont inachevées.
La possibilité d'un site présente ces fragments d'architectures d'autoroutes à échelle réduite. Inspirées de l'« Ecomostri », ce phénomène désigne des édifices inachevés, laissant un squelette de béton dans le paysage.
Vestiges de l'Italie des années 70, ces structures incomplètes sont télescopées dans un espace d'exposition, leur rang est réévalué. La lumière froide des néons révèle un béton frais et lisse, ainsi qu'un métal brillant reflétant une image évanescente d'un lieu d'exil doux-amer. Je les qualifie de «doux-amer» car la bétonnisation de nos villes contribue à rendre le monde inhabitable. Les sites d'extraction et de production de ce matériau devenu hégémonique m'apparaissent comme des visions concrètes d'un avenir dystopique.
On retrouve ces éléments dans la série Maillon d'accouplement. Cette série est composée de dispositifs qui capturent des images de cimenteries sérigraphiées. À travers un plexiglas teinté, la lumière noire révèle une image iridescente de leur architecture. Ces sites, aux allures dantesques, façonnent l'architecture moderniste et évoquent, de manière presque prophétique, les ruines en devenir des villes que nous habitons.
— R. Ravera
Romain Ravera est l'artiste lauréat du Prix Écho des cimes 2026.
Diplômé de la Villa Arson en 2023, il a notamment exposé à Marseille au Chateau de Servière, à Paris, au grand hall de la Villlette ou au centre d’art Fernand Léger à Port-de-Bouc.