La Donation Albers-Honegger rassemble les œuvres données à l'État français par Gottfried Honegger et Sybil Albers, auxquelles se sont ajoutées les donations d'Aurelie Nemours, de Gilbert Brownstone, d'EMMANUEL et les dons de plusieurs autres artistes. L'ensemble est inscrit sur l'inventaire du Centre national des arts plastiques et déposé à l'Espace de l'Art Concret. Cette collection est aussi le fruit d'une histoire — celle de Gottfried Honegger, artiste suisse parti à la conquête du langage géométrique au début des années 1950, et de Sybil Albers, sa compagne. Zurich, Paris, New-York sont les premières étapes de ce long parcours.

Le site du Centre national des Arts plastiques (CNAP) propose une base de données de l'ensemble de la Donation Albers-Honegger. Elle réunit les œuvres déposées à l'Espace de l'Art Concret et permet une consultation détaillée des notices, visuels et informations techniques.
L'eac. doit son appellation au mouvement historique de l'art concret. Terme apparu dans l'entre-deux-guerres, l'art concret revendiquel'objectivité et l'autonomie de son langage plastiqueen dehors de toute référence à la réalité du monde extérieur.
« Peinture concrète et non abstraite parce que rien n'est plus concret, plus réel qu'une ligne, qu'une couleur, qu'une surface. » — Theo Van Doesburg
Le groupe Art Concret est fondé en1930 autour deTheo Van Doesburget rassemble Jean Hélion, Otto Carlsund, Léon Tutundjian et Marcel Wantz. Le terme « art concret » est adopté en 1938 par Wassily Kandinsky puis en 1944 par Jean Arp pour qualifier leur art.C'est l'artiste suisse Max Billqui donne une réelle impulsion à ce mouvement dès 1936. Les principes de l'art concret peuvent être appliqués à la typographie, l'architecture et le design — il s'agit de « réaliser un art mesurable, valable pour tous, afin de créer un langage universel, identique à celui de la science ou de la musique ». (Serge Lemoine)
1 - L'art est universel
2 - L'œuvre d'art doit être entièrement conçue et formée par l'esprit avant son exécution. Elle ne doit rien recevoir des données formelles de la nature, ni de la sensualité, ni de la sentimentalité.
3 - Le tableau doit être entièrement construit avec des éléments purement plastiques, c'est-à-dire plans et couleurs. Un élément pictural n'a pas d'autre signification que « lui-même » en conséquence le tableau n'a pas d'autre signification que « lui-même ».
4 - La construction du tableau, aussi bien que ses éléments, doit être simple et contrôlable visuellement.
5 - La technique doit être mécanique c'est-à-dire exacte, anti-impressionniste.
6 - Effort pour la clarté absolue.
Si le cœur de la collection s'est construit autour des grands noms de l'art concret suisse (Max Bill, Richard-Paul Lohse, Camille Graeser, Gottfried Honegger) et français (Bernard Aubertin, Jean-François Dubreuil, François Morellet, Aurelie Nemours), les collectionneurs ont su resituer cet ensemble dans la longue histoire de l'art abstrait européen depuis 1900.
Ainsi l'art concret se trouve en germe dès les premières années du XXème siècle comme l'illustrent les œuvres de Augusto Giacometti (1905), Georges Vantongerloo (1921) ou encore celles de Sonia Delaunay (1925-1929) et Frantisek Kupka (1932-1933).
Fidèles à l'esprit d'universalisme de l'art concret, les collectionneurs n'ont pas circonscrit leur collection à une déclinaison d'œuvres purement géométriques. Ils en ont ouvert la portée par une réflexion sur les prolongements les plus marquants, parfois surprenants, que le XXème siècle a produits, faisant de leur collection une œuvre à part entière.
S'il semble aujourd'hui évident que les principaux acteurs du minimalisme et de l'art conceptuel soient représentés dans le fonds permanent (avec Joseph Beuys, Daniel Buren, Alan Charlton, Richard Long, Helmut Federle, Imi Knoebel, Olivier Mosset, Bernar Venet, Franz Erhald Walther pour l'Europe, ou encore Carl Andre, Robert Barry, Dan Flavin, Donald Judd, Joseph Kosuth, Richard Serra pour les États-Unis), la présence d'artistes liés à l'arte povera (Manzoni), au mouvement support-surface (Claude Viallat) ou encore au Nouveau Réalisme (Tinguely) apparaît moins évidente. Elle témoigne pourtant de l'esprit visionnaire des deux collectionneurs qui ont choisi d'explorer les principes rigoureux de l'art concret à l'aune des pratiques picturales les plus radicales de la deuxième moitié du XXème siècle.
La Donation Albers-Honegger n'est pas circonscrite à une déclinaison d'œuvres purement géométriques. Fidèles à l'esprit d'universalisme de l'art concret, les collectionneurs en ont ouvert la portée par une réflexion sur les prolongements les plus marquants — parfois surprenants — que le XXe siècle a produits.

La collection est au cœur de la mission éducative de l'eac. Elle nourrit les ateliers, les visites guidées, les actions scolaires et les programmes destinés à tous les publics. Elle constitue un terrain d'expérimentation privilégié pour appréhender les notions de forme, de couleur, de système et de série.
La collection est accessible aux chercheurs, étudiants et professionnels sur rendez-vous. Le site du Centre national des Arts plastiques propose par ailleurs une base de données en ligne de l'ensemble de la Donation Albers-Honegger. Cette collaboration avec le CNAP garantit la conservation, la diffusion et le rayonnement de la collection à l'échelle nationale et internationale.
Chaque année, l'eac. propose un nouveau cycle de relecture de la collection : l'occasion d'inviter artistes contemporains, commissaires et chercheurs à porter un regard inédit sur ce fonds exceptionnel.
La donation est présentée dans un bâtiment dédié, conçu par les architectes Gigon & Guyer. Le parcours permanent permet au visiteur de découvrir un panorama de l'abstraction géométrique du XXe siècle à nos jours, tout en mettant en lumière les correspondances entre artistes de générations et d'horizons différents.

Soutenez nos actions durables grâce à un mécénat engagé. Rejoignez le Cercle des amis et participez à inscrire la transition écologique au cœur de notre centre d’art d’intérêt national.
